Choisir son carrelage

Classement UPEC, R11, PEI : comment lire la fiche d’un carrelage

Pour un carrelage de sol, trois informations comptent avant tout : la résistance à la glissance (R9 à R13 en chaussures, A, B ou C pieds nus), la résistance à l’usure (UPEC ou PEI) et l’absorption d’eau, qui conditionne l’usage extérieur. Le bon niveau dépend de la pièce, pas de la note la plus élevée.

Terrasse en carrelage extérieur clair avec table et chaises de jardin

Une fiche technique de carrelage aligne souvent une série de sigles. Ils mesurent des choses différentes, avec des essais différents, et aucun ne dit à lui seul si un carreau convient à votre pièce. Lorsque nous préparons une pose de carrelage, nous les lisons ensemble, en partant de l’usage : pieds nus ou en chaussures, sec ou mouillé, intérieur ou extérieur.

Voici ce que signifie chaque classement, ce qu’il ne dit pas, et un tableau de repères pièce par pièce.

Ce qu’on trouve sur une fiche technique

Selon le fabricant et le pays d’origine, la fiche peut indiquer :

  • la glissance : un indice R, une classe A, B ou C, parfois le résultat d’un autre essai, au pendule par exemple ;
  • la résistance à l’usure : le classement UPEC pour les carreaux certifiés en France, l’indice PEI pour les carreaux émaillés ;
  • le groupe d’absorption d’eau selon la norme EN 14411, et l’ingélivité ;
  • la résistance aux taches et aux produits chimiques ;
  • des données de fabrication : carreau rectifié ou non, calibre, nuance, épaisseur.

Une information absente n’est pas forcément un défaut, mais pour une terrasse ou une douche, nous la demandons au fournisseur avant de commander.

Le classement UPEC : quatre lettres, quatre résistances

Propre à la France et établi par le CSTB, le classement UPEC évalue un revêtement de sol selon quatre critères. Chaque lettre est suivie d’un chiffre, parfois complété d’un « s » pour un usage plus sévère : plus l’indice est élevé, plus le revêtement résiste.

  • U pour l’usure à la marche : frottement des semelles, grains de sable ;
  • P pour le poinçonnement : pieds de meubles, talons, chutes d’objets ;
  • E pour le comportement à l’eau, de l’eau occasionnelle au lavage fréquent ;
  • C pour la tenue aux produits chimiques, ménagers ou alimentaires.

Les locaux sont classés de la même façon, et l’on choisit un carreau dont chaque indice égale ou dépasse celui de la pièce. Dans un logement, les exigences restent modestes ; les indices élevés concernent surtout les commerces et les lieux publics. Le classement UPEC n’est pas obligatoire : beaucoup de références, notamment importées, ne l’affichent pas.

Glissance : R9 à R13 en chaussures, A, B, C pieds nus

Deux essais allemands servent de référence. Dans les deux, une personne marche sur une rampe dont l’inclinaison augmente jusqu’à ce qu’elle glisse : l’angle atteint donne la classe.

Les deux classements de glissance
ClassementConditions d’essaiÉchellePour quels sols
R (DIN 51130)Chaussures de sécurité, sol enduit d’huileDe R9, le moins adhérent, à R13Sols parcourus en chaussures : pièces de vie, cuisine, extérieur
A, B, C (DIN 51097)Pieds nus, sol mouillé d’eau additionnée d’un agent mouillantDe A à C, la plus adhérenteZones pieds nus : salle de bain, douche, abords de piscine

Les deux échelles ne se convertissent pas l’une dans l’autre : un carreau R10 n’est pas automatiquement de classe B. Pour une salle de bain, la classe pieds nus est la plus parlante ; pour une entrée ou une terrasse, l’indice R. Le mot « antidérapant » n’a pas de définition commune : fiez-vous à la classe annoncée.

Une surface plus adhérente est aussi plus structurée, donc un peu plus longue à nettoyer : un R12 ou un R13, prévu pour des cuisines professionnelles ou des locaux industriels, n’a pas sa place dans un séjour. La finition joue également, comme l’explique notre article sur le carrelage mat ou brillant.

L’indice PEI : la résistance de l’émail à l’abrasion

L’indice PEI, de I à V, mesure la résistance à l’usure de la surface des carreaux émaillés : on fait tourner une charge abrasive sur l’émail et l’on note à partir de combien de tours l’usure devient visible.

  • PEI I : murs, ou sols foulés pieds nus ;
  • PEI II : sols à faible passage, comme une chambre ou une salle de bain ;
  • PEI III : toutes les pièces d’un logement en usage courant ;
  • PEI IV : passage intense, entrée donnant sur l’extérieur, petits commerces ;
  • PEI V : lieux publics très fréquentés.

Cet indice ne concerne que l’émail. Un grès cérame pleine masse ou un grès non émaillé s’évalue par un autre essai, d’abrasion profonde, et son usure se voit moins puisque sa couleur traverse le carreau. À indice égal, un émail foncé ou brillant montre plus vite les traces de passage qu’un émail clair et mat.

Deux carreaux effet marbre, l’un mat et l’autre brillant, posés sur une table en bois
Deux carreaux effet marbre, l’un mat et l’autre brillant : à motif égal, la finition change l’adhérence et la façon dont l’usure se voit.

Absorption d’eau, groupe BIa et ingélivité

La norme EN 14411 classe les carreaux céramiques selon leur mode de fabrication et leur absorption d’eau. La lettre A désigne les carreaux étirés, la lettre B les carreaux pressés, et le chiffre romain la porosité :

Groupes d’absorption d’eau des carreaux pressés (EN 14411)
GroupeAbsorption d’eauExemples
BIa0,5 % au plusGrès cérame, dalles d’extérieur
BIbPlus de 0,5 % et jusqu’à 3 %Grès très peu poreux
BIIa et BIIbPlus de 3 % et jusqu’à 6 % (BIIa), jusqu’à 10 % (BIIb)Carreaux intérieurs de porosité moyenne
BIIIPlus de 10 %Faïence murale

Une faible absorption favorise la résistance au gel, mais l’ingélivité se vérifie par un essai spécifique et doit figurer sur la fiche. Dehors, nous retenons un grès cérame déclaré ingélif. Une faïence, très poreuse, reste réservée aux murs intérieurs.

Rectifié, calibre, nuance : les autres mentions utiles

Certaines indications ne sont pas des classements de performance, mais elles changent la pose et le rendu :

  • un carreau rectifié a des chants usinés et des dimensions très régulières, qui permettent des joints fins sur un support bien plan ;
  • un carreau non rectifié porte un calibre : on le commande dans un seul calibre pour garder des joints réguliers ;
  • la variation de teinte, souvent notée de V1, uniforme, à V4, très variée, annonce l’aspect d’ensemble, surtout pour les effets pierre et bois ;
  • l’épaisseur compte pour les hauteurs de seuil et, dehors, pour la pose sur plots.

Le numéro de lot, ou de nuance, identifie une fabrication dont la teinte peut varier légèrement d’un lot à l’autre : commandez tout le carrelage en une fois, avec une marge pour les coupes et quelques carreaux de réserve.

Quel classement pour quelle pièce

Voici les repères que nous appliquons dans un logement, à Évreux comme à Paris. Les préconisations du fabricant et les exigences propres à votre projet priment toujours.

Repères de classement par pièce, en logement
PièceGlissanceUsureÀ vérifier aussi
Séjour, chambresR9 suffit en généralPEI III, ou grès non émailléNuance et calibre sur les grandes surfaces
EntréeR10, pour les semelles mouilléesPEI IV, ou grès pleine masseUn tapis de propreté limite l’abrasion
CuisineR10PEI III à IVRésistance aux taches et aux graisses
Salle de bainR10 ou classe APEI II à IIIFinition mate ou légèrement structurée
Douche de plain-piedClasse B, voire CPeu déterminantPetits formats ou mosaïque avec un siphon central
Terrasse, balconR11PEI IV, ou grès non émailléIngélivité, groupe BIa, dalles de 2 cm sur plots
Escalier extérieurR11 ou plusGrès non émaillé conseilléNez de marche adhérent et bien visible
Plage de piscine privéeClasse B, C pour les marches et les pentesGrès non émaillé conseilléIngélivité, tenue aux produits de traitement de l’eau

Dehors, un même modèle existe souvent en deux finitions de même teinte : une surface intérieure plus douce et une version extérieure plus structurée, qui permet de prolonger le sol du séjour sur la terrasse carrelée. Un bon classement ne compense pas une mauvaise pose : une terrasse sans pente garde des flaques glissantes, quel que soit le carreau. Voyez aussi nos articles sur le carrelage de terrasse et le carrelage de salle de bain.

Questions fréquentes

Un carrelage R11 convient-il à l’intérieur ?

Oui, rien ne l’interdit, et c’est utile pour prolonger une terrasse dans le séjour. Sa surface plus structurée retient toutefois davantage les salissures et demande un nettoyage plus énergique. Dans une pièce sèche, un R9 ou un R10 est plus agréable au quotidien ; le R11 se justifie surtout là où le sol est souvent mouillé.

Quelle différence entre un indice PEI et le classement UPEC ?

L’indice PEI ne mesure qu’une chose : la résistance de l’émail à l’abrasion, et uniquement sur les carreaux émaillés. Le classement UPEC est plus complet : il note aussi le poinçonnement, le comportement à l’eau et la tenue aux produits chimiques, et s’applique aux carreaux émaillés comme non émaillés. Il est propre à la France, alors que l’indice PEI figure sur de nombreuses fiches internationales.

Un carrelage sans classement UPEC est-il de moins bonne qualité ?

Pas forcément. Ce classement relève d’une démarche volontaire du fabricant, et beaucoup de carreaux de qualité, notamment importés, ne l’affichent pas. Il faut alors se fier aux autres données : groupe d’absorption d’eau, indice PEI pour un carreau émaillé, glissance, ingélivité pour l’extérieur.

Peut-on rendre antidérapant un carrelage déjà posé ?

Il existe des traitements chimiques qui rendent la surface plus rugueuse et des bandes adhésives pour les marches, mais leur effet dépend du carreau et diminue avec le temps et les lavages. Sur une terrasse ou dans une douche réellement glissante, le remplacement par un carreau au bon classement reste la solution durable.

Comment savoir si un carrelage est ingélif ?

Regardez la fiche technique ou la documentation du fabricant : l’ingélivité y est indiquée lorsqu’elle a été vérifiée par l’essai de résistance au gel. Une absorption d’eau très faible, comme celle du grès cérame, est un bon indice, mais elle ne remplace pas cette mention. Sans information claire, nous ne posons pas un carreau dehors dans une région exposée au gel, comme la Normandie ou l’Île-de-France.